Le week end le plus long
Bonjour à vous tous,
Comme vous le savez, je suis allé à Temento, à 100 km à l’ouest de Kolda pour un pèlerinage interdiocésain. Comme vous pouvez le deviner à travers le titre, ce fut très mouvementé et j’en ressors encore la fatigue !
Commençons tout d’abord par le début.
Je devais rejoindre les pèlerins à l’église pour une messe avant le départ à 8h. La messe a commencé à l’heure. Pour l’instant, tout se passait bien. Après la messe, chacun a entassé ses affaires dont leur matelas en mousse et leurs sacs puis des ustensiles de cuisine.

Nous avons pu enfin chargé nos bagages dans les cars rapide vers 10h30 au lieu de 9h. Sur les banquettes, nous étions cinq par cinq complètement compressés, pire que dans une boite de sardines. Vers 11 heures, les cars ont pris enfin le départ. Il y avait trois cars en tout. Notre chauffeur était un sacré loubard pour ma part, habillé en jaune et casquette rouge à l’envers, et draguant les minettes à tout va !
A la sortie de la ville, notre car s’est arrêté pour changer de pneu. Cela a duré 20 minutes.

Puis nous repartions pour quelques mètres à la station service. Puis il s’était garé à l’ombre au bord de la nationale en attendant les autres cars. 11h45, nous nous envolions enfin sur la route bien émiettée vers Kolda. Pendant le voyage, mes chers amis paroissiens ont chanté en rythme avec un tam-tam. C’était bien joyeux et c’était bien agréable. Cela nous a fait oublié l’interminable attente. Pourtant, le car s’était encore arrêté 30 km après à Koukané (Prononcez Kounkandé), puis à Diaobé 10 km après. Nous étions bien secoués par la suite entre Diaboé et Dabo, surtout à travers la forêt.

Après avoir quitté Vélingara et avoir fait 130 km, nous arrivions à Kolda à 14h15. Nous sommes arrêtés pour manger dans le jardin du presbytère. Il y avait les pèlerins de Kolda qui attendaient aussi de monter dans leurs cars respectifs. Et c’est là que j’ai eu la joie de croiser Jean-Marie, l’ancien responsable de l’internat du collège. Nous ne sommes repartis que vers 15h45. Entre Kolda et Tanaff, la route ne fut pas trop désagréable et les voyageurs étaient bien enthousiastes et chantaient à tue-tête. ( Mes pauvres oreilles, je vous assure). Le paysage changeait complètement avec l’apparition des palmiers. C’était magique car il y avait de plus en plus de bas-fonds, de rizières, et des grandes étendues d’eau.

C’était enfin la Casamance comme on l’imagine. A Tanaff, notre car s’était arrêté pour une énième fois après un poste de gendarmes pour attendre les autres cars. J’ai profité d’une pause « besoins naturels » pour aller faire une photo au bord de la Casamance.

La route, par la suite, fut ensuite éprouvante, épouvantable, désastreuse. Nous avancions à 20 Km/heure parmi des nids de poule, pire des nids d’autruche ou de baleine. (Les baleines ont des nids ?).
Enfin arrivés à Samine à 18h30, nous descendions du car pour nous préparer à marcher.
Nous étions qu’une dizaine à vouloir marcher. Les autres ont continué en car. Le soleil se couchait et il y avait une lumière magnifique.


Nous avons marché une heure et demi dont une heure dans la nuit. Vous pensiez peut être que nous avons piétiné le sol en silence, en priant. Oui, nous avons prié mais en chantant, en lisant les textes et le cher Abbé Martin n’a pas arrêté de parler. Aucune minute de silence. A part nos lampes de poche, il n’y avait pas de lumière aux alentours, à part les étoiles qui peinaient à nous éclairer. Je peux avouer que j’étais un peu à l’ouest du pèlerinage et pas du tout dans la prière. J’essayais de marcher droit sans heurter les autres et d’écouter le silence margé leurs voix. Nous étions donc à destination, à Temento vers 20h15. J’ai pu trouver l’abbé Gomèse qui m’a montré le presbytère avec toilettes et point d’eau. J’ai retrouvé père Bruno, Prêtre Chapelain italien. Je fus accueilli brièvement mais avec enthousiasme. Je n’ai pas rejoint par la suite mon groupe sous un arbre où ils ont accumulé leurs bagages et leurs provisions. Je suis allé tranquillement au sanctuaire guidé par une jolie allée de lumière. Au sanctuaire, une musique à fond envahissait le lieu. Des milliers de chaises étaient disposés sous les arbres (Des manguiers et des fromagers). En route, j’avais acheté des bananes à une vendeuse en guise de dîner, et une bouteille de jus d’ananas gazeux en guise de boissons.
Bref, je me suis installé tranquillement. Il était 21h30. Les chants qu’on faisait passer était assez « renouveau charismatique » caricaturé style le prêtre qui chante dans le film « La vie est un long fleuve tranquille ». Les jeunes de toutes horizons ont commencé à venir.
En fait, ils venaient du diocèse de Ziguinchor, de Kolda et aussi de Bafatà en Guinée-Bissau.
Le père Bruno, responsable du sanctuaire marial, a invité les gens à s’asseoir puis la veille de prières avait enfin débuté vers 22h30 environ. Il y a eu des discours endiablés par les directeurs des œuvres de Kolda et Ziguinchor. Ensuite, le renouveau charismatique de Kolda a animé les louanges, l’adoration ( pour une fois, il y a eu 10 minutes de silence mais entre temps, la moitié de l’assemblée était partie se coucher). Entre temps, les prêtres se sont mis à disposition pour le sacrement de réconciliation. Cela a duré jusqu’à 1h30 du matin. Je vous décris le sanctuaire.Tout d’abord, l’esplanade avec l’autel toute simple, bleu et blanc abrité par un toit recouverte de feuilles de palmes. Puis sur le coté, une statue de Marie entre deux gigantesques racines d’un fromager immense. A droite de ce fromager, un mémorial des victimes du naufrage du Joola. Et Enfin, à l’opposé de l’esplanade, une petite chapelle dédiée à la Vierge Marie (logique pour un sanctuaire marial).

Avant d’aller à la chapelle, on passe devant un grand panneau recouvert d’une affiche où les pèlerins peuvent écrire des intentions de prières. (Bonjour les fôtes).

J’ai pu discuter avec le père Bruno que j’avais croisé en octobre dernier.
Le sanctuaire s’est donc vidé et quelques téméraires ont couché sur les bancs dont moi, juste au pied du gigantesque fromager. J’ai donc dormi de 3 heures du matin à 5 heures. Pourquoi si peu ? Bein, il faisait froid et les bancs n’étaient pas faits pour dormir dessus. J’ai marché dans le sanctuaire et admiré la Casamance à la lueur de la lune puis ensuite, avec le lever du soleil.

Entre-temps, les jeunes se sont levés à 5h30 du matin pour déjà se doucher et manger. Pour ma part, vers 6h00, je suis allé au presbytère et le Père Bruno m’ a invité à prendre le petit déjeuner au presbytère. J’ai eu donc droit à du thé, du très bon pain fait maison et de la compote de pommes. J’ai rencontré entre temps des missionnaires italiens de Bafatà !
Puis retour au sanctuaire et me suis installé tranquillement en attendant la messe qui était à 10h00. Les pèlerins ont commencé à venir vers 8h00 puis d’autres gens de toutes horizons et de toutes âges sont arrivés.

Puis à 10h00, on a fait venir la statue de Marie du fleuve puis la fanfare est venue. Les majorettes et les musiciens étaient tout bien beaux et rouge bordeaux mais les majorettes n’étaient pas hélas souriantes.

Bref, la messe commençait avec un long discours du vieil évêque de Ziguinchor mais courageux à cause de son hémiplégie et parkinson. Ce fut une messe de 2 h30 riche en chants animés par la chorale de Vélingara. J’étais derrière eux et j’ai parfois pointé du nez. L’organisation de la communion était catastrophique ; Tout le monde se marchait et se bousculait pour aller communier.
La fin de la messe a été close par le retour de la fanfare.
Puis certains et surtout certaines se sont prépares à pique-niquer et d’autres à aller toucher la statue de la Vierge Marie pour la énième fois.

J’ai rejoint enfin mon groupe pour le repas et on a mangé vers 14h autour d’un bon plat de riz à la viande. Il y avait la prière mariale à 15h.

J’ai croisé un prêtre spiritain polonais qui est responsable du groupe de Ziguinchor. L’abbé Gomèse, et Ambroise, notre responsable du groupe de Vélingara avaient décidés que nous allions partir à 15h30. Nous commençons à plier bagages et je fus avec les responsables et deux autres personnes sur le parking. Stupeurs et tremblements. Deux de nos trois cars n’étaient pas là et les chauffeurs n’ont plus. L’assistant (chauffeur du car de tête nous informa qu’il étaient partis à Ziguinchor vers 15h. Imaginez la colère de l’abbé Gomèse. Terrible ! Nous attendions donc près du car restant. j'en ai profité pour faire des phots de tous les pélerins reprenant leurs cars rapides et de monter sur un car. Très instable et très salissant. Les aide-chauffeurs qui mettent les bagages là-haut ont vraiment le sens de l'équilibre!!

Vous allez remarquer sur la photo quelque chose qui n'est pas surprenant, en fait.
Vous avez bien vu! C'est un tank. Nous sommes en Casamance, je vous le rappelle. C'est encore une zone de conflit mais je vous rassure tout s'est bien passé.
Le deuxième car est arrivé à 18h00. Ceux qui avaient cours le lendemain, ( profs et élèves) dont moi prenions le premier car avec chauffeur bien sur. Comme la veille au matin, compression maximum sur les banquettes. Nous partîmes à 18h30 avec un arrêt à Samine pour acheter de l’eau en bouteilles. Et puis… le chauffeur s’était arrêté des dizaines de fois pour remettre la batterie sous son siège. (J’étais juste derrière lui. Je pouvais admirer la propreté et la maintenance impeccable de la batterie).
C’est là que se termine l’histoire. Puisque nous étions à Vélingara à 1h30 du matin. Pour diverses raisons je me suis couché à 3h00 du matin.