Bilbo le géant
Au sommet d’une colline,
Au milieu d’une ville,
Se tenait un géant immobile
Comme une goutte de résine.
Bilbo ne bougeait guère
De peur d’écraser les hommes
Et désespérait de ne rien faire,
D’être inutile en somme.
Il évitait de souffler, craignant
D’ébranler les murs Les nuages, gagnant
Ses narines, le chatouillaient
Et se forcer de ne pas éternuer.
Il voulait pleurer mais se retenait.
Tel une statue vivante, il était une bombe
A retardement dévastatrice.
Même s’il mourrait, cela serait une hécatombe
Un carnage. Une jeune cantatrice
Se mit à chanter à ses pieds.
Les notes enveloppaient le géant,
Le calmaient et le liaient
D’un amour vif et béant.
Bilbo sentit son corps frémir
Pour s’envoler en douceur
Vers le ciel de toutes les couleurs.
En silence, il se met à rugir
De bonheur, de liberté
Et survola la ville émerveillée.
La cantatrice envoûta les nuages
Pour accueillir le géant ravi
Pour ses mille voyages
De l’amour et de la vie.
Copyright 2007. VL