Bouba

Publié le par Vivien LAPLANE

Sur un banc en fer forgé,
Sa masse corporelle est figée
Comme une grosse boule de graisse.
Il respire faiblement et râle sans cesse.
Dans sa main gauche, un verre de soda
Et dans son autre main, un gâteau
Aux arachides et aux noix.
Sa bouche est pleine comme un cargo
Partant aux antipodes.
Ses joues sont couleur d’iode
Comme serait son foie.
Ses yeux se remplissent de larmes
Et ses pensées sont sans armes
Face à sa gourmandise.
Soudain, une lointaine brise
L’appelle à regarder sur la rive.
C’est une jolie fille marchant
Lentement comme on dérive
Sur l’océan vers le néant.
Son cœur bats comme le tambour
A l’arrivée d’un roi en ce jour.
Un coin de lèvre se suspend
Et lâche ses aliments.
Connaissant son poids et sa laideur,
Bouba se lève quand même.
Petit instant de bonheur et de douleur.
Ses pieds s’enfoncent dans la terre.
Chaque pas est pour lui une galère.
Il continue en essayant d’oublier,
Il s’essouffle. Il a mal aux pieds.
Il n’a pas l’habitude de marcher.
Cela ne fait rien. Il va la chercher.
A chaque seconde, a chaque minute,
Sa silhouette s’amincit. Il lutte
Pour maigrir, même si ça lui coûte
De la souffrance qui s’affûte.
Le soleil s’est couché en route.
Il devient svelte à la lueur des étoiles.
Il s’approche de la fille éblouissante
Et cette dernière disparaît frémissante.
Bouba, bel homme peint sur une toile
Vivante, reste immobile. Sans comprendre.
Il est au bord de la rivière qui l’appelle,
Lui murmure des mots tendres.
Il sourit et plonge dans une paix éternelle.
 
Le lendemain matin, des promeneurs
Découvrent une statue aux milles couleurs
Resplendissant de vie et de joie,
Au bord de la rivière traversant les bois.
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Publié dans Poèmes

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