Vers la Mémoire
Un homme perdu dans le désert d’Atacama
Il marche droit devant lui.
Fixant l’horizon infini,
il cherche quelque chose.
Regarde les montagnes arides
Dénudées de beauté et de laideur.
Il aperçoit le soleil qui se lève
se parant d’une rose rouge flamboyante.
Les nuages se déguisent
et se maquillent en coquelicots.
Dans son âme,
il regarde ses tiroirs
au fin fond de sa mémoire.
Il ne se souvient de rien.
Il cherche son histoire.
Il ne sait pas d’où il vient.
Errant sur la route,
Une voiture beige s’arrête.
Une jeune chilienne
l’emmène.
Il est moins seul.
Elle lui parle.
C’est de l’eau pur dans son coeur.
Il boit ses paroles.
Les dégustent.
Quelque chose lui revient en mémoire.
Des moments avec une femme.
Une femme brune aux yeux bleux.
Elle portait souvent une robe rouge
et des châles noirs et blanches.
Elle ressemble à quelque qu’un.
Des souvenirs agréables.
Arrivé à Santiago,
Elle le dépose
devant la gare historique.
Elle s’en va,
Le coeur de l’homme se pince.
Cette gare.
Il déambule dans les rues.
Dans la foule intermittente,
il se sent seule.
Il arrive devant le stade.
Il entend des cris.
Il se retourne.
Il ne voit rien.
Il voit des images dans sa tête.
Il croit entendre des fusillades.
Il croit voir des militaires.
Il se sent emporté vers ce stade.
Il a l’impression d’être nu.
Il prends peur.
Il court droit devant lui.
Il veut oublier.
Tout oublier.
Tout ce qui s’est passé en cette terrible nuit de septembre 1976.
Il quitte santiago.
Il pleure.
Il a tout perdu.
Il avait une femme.
Est elle toujours vivante?
Des jours après,
marchant seul dans le froid de patagonie,
voyant ces fjords englaçés
et de beautés,
Il sent mieux.
Beaucoup mieux.
Il a retrouvé ses souvenirs.
Il veut les oublier maintenant.
Ecrit en 2001.
Je dédie ce poème à ma chère amie Marie-Hélène
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