Début de la fin
Sur la route menant au village, je voyais une chèvre
Monter sur un mur envahi par les plantes.
Elle se mit à bêler et à patauger dans la verdure.
Ses pattes s’étaient prises dans les tiges voraces.
Elle commençait à devenir elle-même, folle.
Je voulais m’approcher d’elle quand un mouton
Me renversait et se ruait sur moi. Furieux,
Il me donnait des coups de poings dans le pif
Et me fouetta le visage avec sa queue.
J’entendais encore la chèvre mais elle riait.
Elle gaussait encore plus fort puis silence.
Je me réveillai dans l’herbe humide.
Dans ma main droite, une touffe de poils
Bougeait et disparaissait dans la terre.
Je voyais la chèvre se statufier sur un mur d’ivoire
Et le mouton qui grillait au bout d’un pieu,
Planté près d’un baobab habillé de robes rouges.
Le baobab se mit à bouger et à chanter,
Plutôt hurler une fausse mélodie
Qui faisait frissonner le ciel voilé.
De la mousse à raser tombait à verse
Pour former des flaques de guimauve sur la route.
La route changeait de couleurs et vibrait.
Un bruit sourd sort des trous d’autruches
Et des geysers de grenadine surgissaient.
Un merle à tête de calao me frappa à la tête
Et m’assomma. Noir. Silence.
Je me réveillai la tête lourde.
Je sentais un liquide agréable dans ma bouche
Et vit un visage de femme angélique.
Est-ce encore un cauchemar ?