La nuit des ombres
Le soleil se couche sous un drap encre rougeâtre.
Les chauves souris sortent de leurs âtres
Pour se faufiler à travers les arbres endormis.
Sur le sol de latérite poussiéreux, des fourmis
S’agglutinent sur un coléoptère en décomposition.
Des termites montent sur un mur dans un sillon
Etroit composé d’argile bétonné.
Des sifflements, Des bruits stridents de grillons brisent le néant,
Le silence de la nuit. Autour des néons, s’enivrent
Des moustiques, des libellules, des mouches sans vivres.
Un rat palmiste se met aux aguets au sommet d’une case
Puis disparaît dans la pénombre. Une ombre rase
Les champs de riz. Sa présence essaie d’étouffer le bruit.
Des silhouettes semblent vouloir engloutir les fruits
Des chants des oiseaux et des grillons de brousse.
Les animaux résistent aux ombres pour que vivent
les hommes, qui sont point sur le qui-vive.
Puis vient les premières lueurs du jour, les ombres
S’en vont honteux dans les entrailles sombres
De la terre. La vie reprend sur Gaia.