Ce fut un lundi 5 février, où le vent soufflait et rafraîchissait un peu l’atmosphère. J’avais rejoint mes parents et les Lemoine à l’aéroport. Je n’ai attendu que 30 minutes pour les accueillir. Nous avons pris un taxi envoyé par l’hôtel Diamarek de Saint Louis. Nous partîmes donc pour 4 heures de route environ traversant des paysages sahéliens avec du sable, du latérite, des baobabs, des acacias et pleins de troupeaux. L’arrivée à Saint Louis se fit sans encombres à part un bouchon avant de prendre le pont Faidherbe. Nous arrivions donc après le coucher du soleil à l’hôtel situé sur la langue de Barbarie. Le soir, nous fêtions mes 25 ans et je fus comblé de cadeaux mais aussi d’amour et d’amitié.
Le lendemain, nous visitions Saint Louis en calèche. Le contraste était saisissant entre le centre historique presque vide et le village de pécheurs en effervescence situé de l’autre coté du fleuve sur la langue de barbarie. Vous ne me croiriez pas si je vous dis qu’on avait eu froid et qu’on devait mettre un pull tellement le vent soufflait.
Le lendemain, nous repartions dans le même taxi à l’aller pour aller à Sokone dans le Saloum, près de Kaolack. Nous sommes passés par Touba, la ville sainte des mourides pour visiter la superbe mosquée. Puis nous étions arrêtés pour manger vers 15h à Kaolack dans un restaurant tenu par un libanais nommé « Le Brasero ». Si vous passez par là-bas, allez-y, l’ambiance est très convivial, le service est rapide et pas cher et très bon !!!!! Enfin, l’arrivée à Sokone, plus précisément au campement « Le Caïman » se fit sans encombres après avoir roulé sur une route un peu désastreux. (Nous avons dû aller sur une piste parallèle).
Ce fut un jeudi 8 février, nous partions en pirogue dans les bolongs, parmi les palétuviers où se cachent les fameuses huîtres, puis les divers oiseaux tel que le héron Goliath, la grande aigrette, le héron cendré, le vanneau, le balbuzard pécheur etc. Notre piroguier, Ibrahim parlait bien français et connaissait les chenaux comme sa poche. Avant le pique-nique, nous étions arrêtés à Ngadior, un village perdu dans les bolongs. Nous fumes très bien accueillis car un gars nous fit visiter son village et des femmes laissaient leurs travaux pour nous faire entrer dans leurs maisons. Dans les rues, les petits enfants nous prenaient par la main et nous suivaient. J’avais à ma main gauche, un jeune d’une douzaine d’année environ, pieds nus, une chemise déboutonnée et qui portait sa petite sœur avec qu’une seule main. Bien sur, j’ai oublié de dire qu’à notre arrivée nous avons dû aller saluer les vieux dans leurs cases à palabres. Nous avons picniqué dans un bolong, dans un espace découvert bien loin de tout.
Ensuite, nous avons largué l’ancre au milieu d’un chenal pour pêcher. Nous avons péché 6 magnifiques carpes rouges. Tranquillement, notre piroguier nous a emmené au reposoir des oiseaux dans un coin bien reculé et après être engagé dans des chenaux plus étroits. Hélas, nous n’avons pas vu d’oiseaux et sommes repartis alors que le soleil avait disparu derrière l’horizon. Nous avons vogué jusqu’à 21h sous les myriades d’étoiles, un chant lointain d’un muezzin malgré le bruit incessant du moteur du bateau. Nous avons du pousser plusieurs fois la pirogue car la marée était basse. Nous avons dû quitter le « navire » à peine loin de l’embarcadère et marcher dans les eaux obscures non profondes. Arrivée à l’hôtel vers 21h30 et dîner avec comme entrée les huîtres de Sokone.
Vendredi 9 février. Une journée de voyage harassante. 8 heures de route dans un taxi brousse avec un chauffeur laconique et pas aimable du tout. La poussière s’accumulait sur les valises et dans nos cheveux en sueurs. Arrivés à Dialokoto, nous avons du être rapatriés sur Wassadou car il n’y avait plus de places. Le campement de Wassadou était situé loin de la route, au bord du fleuve : la Gambie. L’endroit fut grandiose avec les rôniers et les cases, les fromagers gigantesques. Nous pûmes observés un splendide coucher de soleil avec en contre-jour des rôniers et baobabs habités par des dizaines de babouins. Dans le fleuve, des hippopotames bruissaient.
Samedi 10 février, nous avions attendu notre guide de Dialokoto à 7h30 mais n’étant pas venu, Moussa, le gérant de l’hôtel nous as vite pris en charge dans un 4X4 exprès pour le safari photo. Un autre gars nous accompagnait. Nous dûmes montrer nos papiers à la gendarmerie de Dialokoto puis se procurer d’un droit de visite à l’entrée du parc du Niokolo-Koba à Dar el Salaam. Nous avons pris en route une femme avec ses deux petits garçons.
Au cours de la matinée, nous avons vu pleins de rolliers d’abbyssinie, de phacochères, de Guib harnaché, de cob de Buffon, des babouins, des patas, et des marabouts. Nous avons admiré les animaux à la superbe mare de Simenti. Moussa, notre guide, nous as montré un gué bien abîmé et avons mis les pieds dans la Gambie. Enfin, nous avons traversé la rivière Niokolo Koba sur un pont de singe. Périlleux ! Au retour à Simenti, nous avons vu pleins de Cob de Fassa dont un à même pas trois même qui était resté immobile. Nous avons pris notre repas au campement de Simenti se trouvant sur une belle boucle de la Gambie. L’endroit fut magique. L’après midi, dans une chaleur assez étouffante, nous sommes allés au campement scolaire à Darmattan en ruine. Il y avait un gros feu de brousse et qui allait embraser une cage avec à l’intérieur une panthère. Moussa était un peu inquiet et nous avons du rebrousser chemin au cas où la panthère réussirait à s’échapper. Nous sortimes rapidement du parc pour ensuite aller chez Moussa. Pourquoi ? Parce que son père a connu mon grand-père à Tambacounda en 46-47-48 !?!.
Retour à Wassadou après une journée mémorable.
Dimanche 11 février. Un médecin de Vélingara est venu nous chercher avec son pick-up de l’hôpital pour nous amener sur mon lieu de mission. Nous fîmes deux heures de route au lieu de trois heures.
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